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10 articles avec europe

Les mouvements populistes sont-ils une menace pour l'Europe ou, au contraire, une bonne nouvelle ?

Publié le par Alain Renaud

 

On assiste depuis un certain temps à l'émergence de mouvements populistes en Europe condamnés par la majorité de la classe politique et des médias.

Cette condamnation évite de se pencher sur leur cause. Elle généralise l'opprobre sans distinguer les mouvements des uns des autres, qu'il s'agisse de La Ligue du Nord, du mouvement de sécession de la Catalogne espagnole, d'Alternative fur Deutschland ou du Front national.

Que signifient ces mouvements ?

Est-ce, comme la plupart des médias et un grand nombre de politiques l'affirment, le retour du nationalisme, du fascisme ? Est-ce comparable à l'émergence des partis fascistes de l'entre-deux-guerres en Italie et en Allemagne qui conduisirent à un nouveau conflit mondial ?

Où bien, au contraire, ne sont-ils pas simplement une saine réaction de protection de sa différence face à une mondialisation, une globalisation et encore une américanisation qui uniformisent les peuples dans un "patchwork" hétéroclite ?

Une réaction d'autant plus forte en Europe que l'Union européenne n'a pas voulu prendre en compte l'existence des peuples européens et les composantes culturelles qui y sont associées.

Ce qui est, par ailleurs significatif, c'est que ces mouvements se manifestent aussi bien au niveau national ( France, Pays-Bas, Hongrie, etc.) que régional ( Catalogne, Pays basque, Ecosse, Italie, Flandre, Corse,  "Padanie", etc.).

Toutefois, si on y regarde de plus près, on constate que le point commun reste celui de peuples historiques, qu'ils se soient préalablement constitués en Etats, comme la Catalogne ou l'Ecosse, ou non, comme le Pays basque ou la Flandre ou qu'ils soient des Etats depuis des siècles comme la France ou la Hongrie.

Les mouvements migratoires en provenance essentiellement d'Afrique renforcent cette prise de conscience identitaire, ces peuples se sentant menacés dans leur existence même et dans leurs identités culturelles.

Si bien que là où la majorité des Etats européens, et l'Union européenne la première, considèrent le métissage des peuples comme une chance pour l'Europe, une partie de plus en plus importante des peuples d'Europe, regroupés en nations ou en régions, s'oppose radicalement à cette évolution.

Pourquoi, se demandent les Européens devraient-ils accepter un métissage de peuples essentiellement africains, alors que les Européens ont quasiment cessé leur présence en Afrique, qu'il s'agisse de l'Afrique du Nord ou de l'Afrique subsaharienne ?

Les Chinois, les Japonais, les Coréens, les Vietnamiens, les Arabes, les Africains et tant d'autres sont-ils dans l'erreur lorsqu'ils ne pratiquent pas de politique d'immigration en préservant leurs ethnies dominantes ?

Pourquoi un métissage d'un côté et pas de l'autre ? La colonisation était-elle une bonne chose ? Faut-il désormais la reprendre en l'inversant ?

L'Europe synthétise ainsi la problématique de la mondialisation qui voit certes l'Europe, mais non le monde, devenir un "village global", mais un village global qui regroupe sur un territoire devenu très petit, au niveau des moyens de transport et de communication, des cultures et des hommes aux ethnies, aux cultures, aux religions et aux traditions profondément différenciées.

Un village qui s'avère loin d'être pacifiste, où l'on peut s'entretuer d'un quartier à l'autre avec une rapidité stupéfiante.  

On peut certes penser qu'une mixité, qu'un métissage de tous les hommes, apporteraient la paix sur la terre, étant donné qu'il n'y aurait plus de différence de couleur de peau, de culture, de désir, de conception du monde.

Mais on peut également considérer que l'uniformité tue la diversité comme elle éradique, par conséquent, toute différence, dans ce qui deviendrait un véritable appauvrissement culturel et dans une sorte de totalitarisme universel.

Pourquoi aller en Afrique si on y rencontre la même population qu'en Europe ? Pourquoi aller à l'étranger si plus rien n'est différent de ce que je connais chez moi ? Pourquoi aller en Catalogne ou en Grèce s'il n'y a plus de Grecs ou de Catalans, mais la même population et la même culture que chez moi ?

Mais "chez moi", dans ce contexte, n'existe plus puisque tout se ressemble.

Le paradis sur terre ?

Ou l'enfer ?

En tout état de cause, l'émergence de ces mouvements populistes est une réalité et son existence est souvent la résultante du manque d'autonomie accordée à des populations et cultures minoritaires ou un manque de reconnaissance de populations autochtones, des populations indigènes. 

 Une absence de reconnaissance et de liberté qui poussent les peuples de ces nations culturelles, sinon politiques, à réclamer, en désespoir de cause, leur indépendance, à l'exemple de la Catalogne en Espagne ou de l'Ecosse.

Mais elle se manifeste aussi au niveau national, en réaction à la mondialisation ou à des organisations supranationales qui en sont partie prenante, telle l'UE, avec le désir d'accroître l'indépendance du pays et à protéger l'homogénéité de sa population et l'intégrité de sa culture, comme on peut l'observer dans des Etats déjà constitués comme la Hongrie, les Pays-Bas, la France, ou même désormais l'Allemagne.

Ces mouvements ont donc leur raison d'être.

Lorsqu'ils proviennent d'une région désireuse de devenir (ou de redevenir) un Etat, ils se proclament presque toujours européens, ayant trouvé dans l'UE un appui de poids. C'est le cas des indépendantistes catalans.

Mais lorsqu'ils sont le fait de partis nationaux, ils considèrent, au contraire, que l'Union européenne a affaibli l'identité et la culture de leurs pays et souhaitent soit la réformer de fond en comble soit la quitter.

On peut donc constater que les mouvements populistes sont divers et qu'ils ne recoupent pas la même réalité.

Ce qui paraît certain, c'est que les mouvements qui prônent l'indépendance des régions ou le retour à la seule dimension nationale ne prennent pas en compte la géopolitique mondiale et promettent un paradis qui n'existera pas. Vu des Etats-Unis ou de Chine, le fractionnement de l'Europe en confettis ou en pays isolés les uns des autres constituera un signe fort : celui d'un vieux continent incapable de s'affirmer, dont les pays n'auront plus qu'à choisir leur tuteur. Une situation pire que celle d'aujourd'hui où, au moins économiquement, l'UE pèse d'un poids non négligeable vis-à-vis des plus grands pays du monde.

S'ils veulent éviter cette situation mortifère, les Européens doivent choisir d'être rassemblés dans une vaste confédération démocratique qui leur permettra de rester eux-mêmes, de gérer leurs propres affaires tout en regroupant leurs forces au niveau de la défense, de l'économie et de la politique étrangère.

C'est cette Europe des nations et des peuples qui a un sens et qui s'imposera, si les peuples d'Europe en ont la volonté et le courage et s'ils veulent garder leur liberté.

 

 

 

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L'Union européenne a été basée sur une utopie - Le Progrès du 3 mai 2017 - A lire en deux parties

Publié le par Alain Renaud

L'Union européenne a été basée sur une utopie  - Le Progrès du 3 mai 2017 - A lire en deux parties

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Les Français sont en colère parce qu'on ne veut pas les écouter

Publié le par Alain Renaud

Les Français sont en colère parce qu'on ne veut pas les écouter

La place publique est pleine de bruyants bouffons et le peuple se vante de ses grands hommes ! Ils sont pour lui les maîtres du moment.

Mais le moment les presse : ainsi ils te pressent aussi. Ils veulent de toi un oui ou un non. Malheur à toi, veux-tu placer ta chaise entre un pour et un contre ?

Tout ce qui est grand se passe loin de la place publique et de la gloire : loin de la place publique et de la gloire demeurèrent de tout temps les inventeurs de valeurs nouvelles.

Frédéric Nietzsche

 

Ce qui caractérise ces élections présidentielles de 2017, c'est l'ambiance malsaine qui la pollue et c'est le non-choix qui est offert à la majorité de la population.

Est-on encore en démocratie lorsque les électeurs ont théoriquement le choix entre deux candidats, mais que les médias, les politiciens et les intellectuels leur expliquent qu'ils ne peuvent choisir moralement qu'un seul ?

Ce n'est pas certain.

La majorité de la population n'a pas voté pour Emmanuel Macron.

Il y a eu quatre candidats qui se sont partagé principalement les votes : Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

Parmi ces quatre candidats, les Français en avaient choisi deux soi-disant extrémistes, Jean-Luc Mélanchon à "l'extrême gauche" et Marine Le Pen à "l'extrême droite".

Mais si ces deux partis sont extrêmes pourquoi sont-ils tolérés ? Pourquoi ne sont-ils pas dissous l'un comme l'autre ?

Peut-être parce qu'ils servent aux politiciens à durer ?

Ces candidats représentent tous un message principal.

Il en reste deux aujourd'hui.

Les voix portées par François Fillon et Jean-Luc Mélanchon n'existent plus.

François Fillon avait axé sa campagne sur le redressement du pays, mais aussi un retour à des valeurs traditionnelles qui protégeaient la France des excès de la mondialisation, en insistant sur l'indépendance nationale, la régulation des flux migratoires et la lutte acharnée contre l'Islamisme totalitaire.

Jean-Luc Mélanchon, dans un autre registre, avait insisté sur les excès financiers et économiques de cette mondialisation en dénonçant le poids démesuré qu'a pris l'argent dans notre société et les inégalités abyssales qui séparent désormais en France les très riches, qui vivent dans leurs cocons, des très pauvres.

François Fillon a été éliminé pour des affirmations non encore prouvées sur sa personne et non pas pour le contenu de son programme.

Jean-Luc Mélenchon a effrayé les Français par ses appels à "la révolution bolivarienne" et autres références bien éloignées des préoccupations populaires.

Les représentants de "l'extrême gauche" et de la droite ayant été éliminés, il reste Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Emmanuel Macron, conseiller et ministre de François Hollande, explique doctement qu'il n'est l'héritier ni le fils de personne. Il n'a pas de passé. Il est entièrement neuf. Il vient de nulle part. Sauf qu'il rassemble l'immense majorité de ceux qui étaient au gouvernement de Hollande.

Il ne veut reprendre aucun des messages et valeurs des électeurs de François Fillon ou de Jean-Luc Mélenchon, ni sur les thématiques migratoires et sociétales ni sur les excès de la mondialisation financière.

Marine Le Pen, elle, au contraire, est la fille de son père. Elle est une héritière. Elle est donc fasciste. Ses électeurs n'existent pas. Ils ne disent rien. Ils n'ont pas de message à faire passer. Ils sont des parias. Tout ce qu'ils peuvent dire est irrecevable par nature, et par conséquent elle aussi.

Elle dit que les camps de la mort étaient une abomination, elle rompt avec son père et exclut les vieux néo-fascistes, elle s'incline devant un monument aux déportés. Elle peut dire et faire n'importe quoi, elle est la fille de son père. Son programme ne doit pas être lu et surtout pas débattu.

Elle est comme Vladimir Poutine qui, quoi qu'il fasse, reste un Soviétique et un Bolchevik et donc un héritier de l'Union soviétique. Même s'il n'y a plus d'Union soviétique ni de parti communiste depuis longtemps.

Mais il y a toujours les Etats-Unis…

Elle partage avec François Fillon l'objectif de la lutte contre l'islamisme radical et d'une société qui ne soit pas minée par le communitarisme et l'immigration de masse, qui ne peuvent que développer des réactions xénophobes dans n'importe quel pays du monde.

François Fillon peut le dire. Pas Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon, c'est Joseph Staline et Marie Le Pen, c'est Adolf Hitler. D'ailleurs Bertrand Delanoë l'a dit. Donc c'est vrai.

Les Français ont le choix entre le mal et le bien. Entre la lumière et la nuit. Entre la vie et la mort.

Charles de Gaulle, qui avait tant d'ennemis de son vivant, n'a plus que des admirateurs. La gauche qui l'a combattu avec acharnement sous la houlette de François Mitterrand lui dresse des couronnes.

Il avait su prôner l'union nationale avec tous les Français sans aucune exclusive, y compris les communistes qui étaient les staliniens de l'époque.

Qui prône aujourd'hui l'union nationale ?

Les querelles gauloises, la division, les exclusives, l'absence de dialogue et de débats, l'anathème, les excommunications, ne nous promettent pas des jours heureux.

Pensez printemps a dit le grand poète Emmanuel Macron au cours d'un de ses colloques, en s'inspirant du philosophe Alain qui l'avait écrit sans référence à une quelconque situation politique.

C'est un beau texte. Mais c'est surtout rassurant en politique. C'est la France heureuse. C'est éviter les prophètes de malheur. C'est ce qu'il faut vous répéter tous les soirs avant de vous coucher.

Pourtant, c'est ce que les Français veulent entendre.

En 1939 aussi, ils ne voulaient entendre que Léon Blum et Daladier pour des lendemains qui chantent.

On pense printemps, mais on rejette, on clive, on n'écoute pas, on condamne, on culpabilise, on divise.

Pourvu qu'on continue à penser printemps dans les années qui

viennent !

Regarder le monde avec les yeux d' hier est un confort et une illusion qui se paie cher.

Les Français peuvent-ils encore être des esprits libres ?

Mais pour être libre, il faut aussi vivre dans le réel et voir où est et d’où vient le mal.

En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin écrivait déjà Nicolas de Chamfort au 18e siècle.

Il nous reste l'espérance.

Un jour la France sera redressée par le génie du renouveau.

 

Publié dans France, Europe, démocratie

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Elections présidentielles : La France est-elle en guerre, oui ou non ?

Publié le par Alain Renaud

Elections présidentielles : La France est-elle en guerre, oui ou non ?

Les élections présidentielles de 2017 sont le reflet d'une nostalgie de la France d'hier.

 

Jusqu'à l'attentat des Champs-Elysées, elles se sont déroulées comme si…

 

Comme si les Français vivaient en parfaite sécurité. Comme si les attentats n'étaient que des micro-évènements qui ne pouvaient toucher que les autres. Comme s'ils représentaient un phénomène somme toute secondaire et passager.

 

Nous sommes, paraît-il, en guerre, mais on fait comme s'il n'en était rien.

 

2017 ressemble quelque peu à 1939, à la période d'avant-guerre où le gouvernement Blum, au lieu de se réarmer massivement face à la menace nazie ne trouvait rien de plus urgent que d'accorder des congés payés au peuple et de permettre aux Parisiens de partir danser et pique-niquer sur les plages normandes.

Cette insouciance de la population suscitée par les politiques a quelque chose de touchant par leur anachronisme par rapport aux urgences de l'époque.

Danser sur un volcan, c'est réconfortant, car cela permet d'oublier un présent désagréable. En 1939, c'était dans la continuation de la politique de Chamberlain parti à Munich négocier la paix avec Hitler et revenu soulagé de l'avoir obtenu en brandissant fièrement l'accord de paix devant une foule enthousiaste.

 

En 2017, on aurait pu penser que la guerre suscitée par les Islamistes dans le monde entier, et tout particulièrement en Europe et en France allait monopoliser toutes les attentions.

 

Pas du tout.

 

Une majorité des prétendants au trône républicain ne parle que de pouvoir d'achat, de budget, d'inégalité, de retraite, etc.

Bien sûr, ces questions sont fort importantes dans un pays où le chômage a explosé ces dernières années, où la place de la France en Europe et dans le monde s'est littéralement écroulée lors du dernier quinquennat.

François Hollande n'avait-il pas fait lors de " Le changement, c'est maintenant " le slogan de sa campagne électorale de 2012. Il n'a pas menti. On a vu, effectivement, le changement !

 

Nous sommes donc en guerre, mais ni Clemenceau, ni Winston Churchill, ne sont à la barre et le gouvernement Hollande nous demande juste de nous recueillir après chaque attentat en attendant le suivant. Il faut vivre avec et apprendre à mourir dignement. Nous sommes de futures victimes et ce qui importe vraiment, c'est de ne pas avoir peur et vivre tant qu'on pourra.

 

A l'étranger, on suit aveuglément la politique américaine, elle-même soutenue par l'Union européenne. On s'immisce dans la politique des pays étrangers et on ne respecte plus le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

De Gaulle est bien mort et enterré ! On veut bien s'allier aux Russes, mais seulement si on s'engage à choisir par avance le futur dirigeant syrien.

 

En France, le mot d'ordre, c'est : pas d'amalgame, pas de stigmatisation, pas de problème d'immigration.

 

Tout baigne.

 

Que les terroristes soient musulmans, mais pas bouddhistes, pas hindous, pas catholiques, pas protestants, pas orthodoxes, pas juifs, n'est surtout pas pris en compte. Surtout pas de questions sur l'origine des barbares qui assassinent nos enfants et nos femmes. Ce serait du racisme, bien sûr.

Qu'ils soient de nationalité française en font des Français comme les autres. Tout au plus sont-ils des déséquilibrés isolés, juste sortis d'un hôpital psychiatrique.

 

On peut, et surtout, on doit continuer à accueillir tous ceux qui se présentent aux frontières, puisqu'il ne doit plus y avoir de frontières, ni de murs, ni n'obstacles aux déplacements des hommes sur notre belle planète et que la France est tellement généreuse et tellement riche qu'elle peut prendre dans ses bras le monde entier.

 

Les châteaux forts, la Grande Muraille de Chine, le limes romain, le mur d'Hadrien, le bouclier, tout ça c'est du passé. Plus de protection. Seulement l'ouverture. Nous sommes à l'époque des open-spaces. On ouvre tout, toutes les portes, toutes les fenêtres. On "vit ensemble". On doit vivre ensemble. Qui qu'on soit.

Même le soldat, l'hoplite grec, n'a plus besoin de lance, une fois son bouclier supprimé.

 

Il faut vivre avec son temps.

 

Donc pas de problème à l'immigration de masse de peuples non européens destinés à rester en France. Pas de distinctions culturelles, éthiques, morales ou autres.

 

 

Si on revient à ce qui préoccupe les Français aujourd'hui, les élections présidentielles, on peut simplement noter qu'Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon font totalement l'impasse sur cette question vitale.

 

Seuls François Fillon et Marine Le Pen abordent clairement ce sujet.

 

Mais Marine Le Pen pense que la France seule et isolée peut régler ce problème, alors que nous ne pourrons y parvenir que dans le cadre d'une Europe totalement refondée, une Europe européenne, c'est-à-dire indépendante, dont une véritable "union dans la diversité" fera la force.

 

Il est donc clairement établi que c'est François Fillon qui est à même de sauver de nouvelles vies et de redresser la France dans la période critique de guerre que nous connaissons aujourd'hui.

 

 

 

 

 

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La France, est-ce toujours Paris ?

Publié le par Alain Renaud

Journal économique et financier

 

Acteurs de l'économie - La Tribune

 

Débats > Opinion

 

La France, est-ce toujours Paris ?

 

Par Alain Renaud  |   |  715  mots

 

 

La France reste encore aujourd'hui en Europe le seul pays important dont les forces politiques, économiques, culturelles et médiatiques restent concentrées en un seul endroit, Paris, c'est-à-dire l'Île-de-France. Pourtant 96% de la superficie de la France n'en fait pas partie, tout comme 81% de sa population et encore aujourd'hui 70% de son PIB. Alain Renaud, auteur de "La France, un destin" et consultant en géopolitique et géostratégie, livre une analyse critique du centralisme à la française…

 

 

La centralisation extrême de la France qui s'est réalisée au profit des petits rois de Francie - l'Île-de-France d'aujourd'hui - aux dépens des autres féodalités et des villes concurrentes de Paris, dont l'ancienne capitale de la France, Lyon, a atteint son paroxysme sous les règnes de Louis XIV, puis de la Révolution et de l'Empire.

Inspirée par l'antique modèle de l'Empire romain, elle a longtemps bénéficié à la France, lui permettant de l'emporter facilement sur des nations éclatées comme l'Allemagne ou l'Italie.

Mais une fois leur unité crée, nos voisins se sont bien gardés de centrer toute leur force sur un seul point de leur territoire. Ils ont conservé ce qui faisait leur attractivité économique et culturelle, des régions et des villes riches et puissantes, alors que la France ne cessait de renforcer le poids de Paris et attirait tous les talents vers la capitale. Au point d'assimiler progressivement Paris à la France.

Si la France est devenue rapidement Paris qui est restée fondamentalement la source unique du pouvoir, c'est qu'aucune autre ville, Lyon la première, n'a pu résister à cette domination.

Pourtant, on peut considérer qu'aujourd'hui, Paris et le désert français qu'avait décrit Jean-François Gravier dans son ouvrage de 1947, appartient au passé. Il n'y a plus de désert français. Mais l'essentiel du pouvoir, dans tous les domaines, reste à Paris.

 

Un modèle qui s'effrite

Heureusement, cet état de fait millénaire commence sérieusement à s'effriter.

Ce sont d'abord les migrations interrégionales qui voient fuir chaque année de Paris près de 100.000 habitants vers le sud et l'ouest de la France, quand ce n'est pas à l'étranger. Nombre d'entre eux sont de jeunes couples, et non plus seulement des retraités, optant pour un équilibre heureux entre vie professionnelle et qualité de l'environnement. Des ingénieurs, des cadres supérieurs, des chercheurs qui vont vivifier les grandes métropoles que sont désormais Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Nantes.

Ce sont les moyens de communications et de transport, internet comme le TGV ou les vols low-cost, qui permettent à tous les Français, où qu'ils soient, d'accéder à l'information, à la culture, aux déplacements proches et lointains, sans pour autant être obligés de résider en bord de Seine.

Le retard des élites

Si l'environnement des Français a radicalement changé, la perception d'une grande partie de l'élite politique, économique, culturelle et médiatique n'en a pas encore pris la mesure.

Les grandes chaines télévisées ne parlent que des théâtres parisiens, les politiques que des projets du grand Paris, et les élites continuent imperturbablement de considérer ce qui n'est pas Paris dans un tout informe. Ils sont encore persuadés que tout centrer sur un seul endroit reste une force, que cette réalité totalement déséquilibrée est un bienfait pour notre pays, nonobstant leur passion constante pour l'égalité.

Ils vivent dans le passé. Ils restent figés dans une phraséologie qui reste celle du XIXe siècle.

Cette centralisation politique, mais aussi économique et culturelle, n'a été imitée par aucun pays européen significatif, qu'il s'agisse de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne et même la Grande-Bretagne ni même aucune grande nation émergente, qu'elles soient la Chine, l'Inde ou le Brésil.

Dans tous ces pays, la capitale se voit équilibrée par une ou plusieurs métropoles.

Les candidats à la présidentielle se réclament presque tous de Charles de Gaulle, mais ils se gardent bien de faire référence à son discours de Lyon du 24 mars 1968 où il proclamait sans ambages : "L'effort de centralisation ne s'impose plus désormais. Ce sont les activités régionales qui apparaissent comme les ressorts de la puissance économique de la France de demain".

Dépasser la décentralisation

C'est la régionalisation de la France, et non seulement, la décentralisation, qui lui permettra

seule de réaliser une révolution territoriale qui constitue un des changements clé de son

redressement et de sa démocratisation.

Elle ne viendra pas des politiques, mais de la transformation de la société civile qui s'opère

silencieusement sous nos yeux.

 

 

 

 

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Paris est-elle la France ?

Publié le par Alain Renaud

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Y a-t-il un peuple français ?

Publié le par Alain Renaud

S'il est un pays qui distingue ce qu'il est de son peuple, c'est bien la France.

 

Les Français sont-ils pour autant un peuple ?

 

Pour parler de la France d'aujourd'hui, il nous faut d'abord revenir à celle d'hier, et, seul un peu de réflexion historique nous permettra de répondre à cette question, a priori iconoclaste.

 

La France a été créée par les rois germaniques qui avaient envahi la Gaule, à la suite des conquérants romains. Auparavant, la France n'existait pas et chacun sait que nos ancêtres lointains ne sont pas des Français, mais des Celtes, que nos premiers envahisseurs romains ont appelé des Gaulois.

Tant et si bien que les Français n'ont pas toujours vécu sous ce nom. Et par conséquent, qu'ils existaient avant d'être Français.

 

L'ironie de l'histoire fait que ce sont les Germains, ceux que les Anglo-Saxons appellent encore « Germans », qui ont créé le nom d'un pays qui ne leur appartient plus !

L'État France fut donc une création de nos voisins et désormais amis allemands (les Allemands étant, comme chacun sait, une tribu germanique du sud). Progressivement ils le scindèrent avec leur propre royaume, réunion dont l'apothéose fut l'empire de Charlemagne.

Durant cette période, les Français n'existaient toujours pas. Ils étaient restés massivement les Gaulois qu'avaient conquis les Romains et les Germains qui s'étaient contentés de prendre le pouvoir en petit nombre.

 

Ce qui change la donne fut le partage, par les petits-fils de Charlemagne, de l'empire en 843, véritable date de création de la France. La division entre ces trois rois germaniques ne fut pas favorable à celui qui récupéra la partie ouest qui allait devenir la France. La zone centrale, la Lotharingie, qui s'étirait de la Hollande à Florence, revint rapidement au roi germanique qui possédait la fraction est de l'ex-empire, correspondant grosso modo à l'ouest de l'Allemagne actuelle.

 

Cette scission allait provoquer des siècles de guerre entre les descendants des rois germaniques de France et ceux d'Allemagne.

 

Mais le peuple qui occupe la partie ouest de cette nouvelle France ? Qui s'en soucie ? Est-il devenu pour autant germanique après être devenu romain. En rien. Il est resté principalement celte, c'est-à-dire gaulois.

A l'époque gauloise, l'immense majorité de la population était celte, à l'exception de quelques ethnies et cultures différenciées, tels les Basques, les Grecs de Marseille ou de Nice ou un certain nombre d'Ibères dans le Sud-Ouest et de Ligures sur la Cote d'Azur d'aujourd'hui.

 

Mais ce qui modifia peu à peu les choses fut les conquêtes progressives de la France sur les territoires incorporés à l'empire germanique. Ces conquêtes, au départ, ne firent que rattacher à la France des peuples qui avaient été incorporés de force à la Germanie, mais qui étaient en fait des Gaulois de culture latine. Ainsi en fut-il des Provençaux dans leur majorité, et plus encore des Bourguignons, des Francs-Comtois ou des Lorrains de langue française.

Là où les choses se compliquèrent, ce fut lorsque les rois de France, puis les révolutionnaires commencèrent à s'attaquer aux territoires dont les peuples étaient restés ou étaient devenus de langue et de culture germanique.

En effet, si l'Est de la France actuelle était occupé par des tribus gauloises au début de la conquête romaine, les Germains les remplacèrent peu à peu à partir du IIIe siècle. Si bien que les Alsaciens et une partie des Lorrains sont majoritairement germaniques depuis cette époque. À cette minorité, on peut rajouter les Flamands de France.

 

C'est ce qui fait que la France a connu, du moins jusqu'au XIXe siècle, une homogénéité de population qui, sans être aussi prépondérante qu'en Allemagne, est nettement supérieure à celle de l'Espagne ou de la Grande-Bretagne.

 

Le déclin démographique produit essentiellement par la saignée de la Première Guerre mondiale et les mouvements migratoires qui s'en sont suivis, en provenance d'Europe, mais surtout d'Afrique à partir de cette période ont remis progressivement en cause cette homogénéité et pose les problèmes que nous affrontons désormais.

 

Si on compare la France à l'Allemagne, on s'aperçoit que la rupture a été encore plus forte au sein de ce pays qui n'a connu aucune conquête étrangère sur le long terme, à l'exception de la présence militaire américaine qui a libéré les Allemands d'un totalitarisme monstrueux. Depuis cette époque, l'Allemagne est également confrontée à des problématiques très importantes d'intégration de populations non germaniques qui, comme dans la majorité des pays de l'Ouest européen, font débat.

 

La conquête de l'Alsace et, dans une moindre mesure, de la Lorraine a posé à la France un véritable défi qui a éclaté au grand jour lorsque l'Allemagne a voulu récupérer cette province germanique en 1870. Les Français, qui, contrairement aux Allemands, avaient inventé le «désir de vivre ensemble » par la voix de Renan opposée à celle de Fichte, ne pouvaient plus s'appuyer sur une langue, une histoire et une culture commune. Il leur fallait pouvoir intégrer des « non-Gaulois ».

 

Après tout, les rois de France avaient bien fait de même avec les Basques, les Corses ou les Flamands. Avec la Révolution, ils allèrent plus loin en décidant de gommer les particularités régionales et les langues qui y étaient attachées. Ainsi, on supprimait les différences, en particulier linguistiques, en se rapprochant de l'exemple allemand, sans en avoir l'homogénéité de population.

 

Devenait Français celui qui parle français. Cette francisation imposée n'a cessé depuis lors, bientôt concurrencée par l'anglicisation.

 

Dans cette optique, les Wallons et les Suisses romands devraient être Français et la Suisse ne pas exister, puisqu'elle est le symbole parfait d'un pays qui repose essentiellement sur trois peuples : les Allemands, les Français et les Italiens.

La domination par la langue comme par l'ethnie, se retrouve donc remise en cause par l'exemple suisse, qui, à lui tout seul, constitue un résumé parfait de ce que pourrait être l'Union européenne : une réunion de peuples présents sur leurs territoires depuis des siècles, unis par la lutte pour leur liberté, sans que, pour autant, l'un d'entre eux ait écrasé les autres, comme on a pu le voir en Espagne, en Grande-Bretagne et, dans une moindre mesure, en France.

Les Suisses reconnaissent l'identité de chacun de leur peuple, car tous se sont unis pour défendre leur « alliance entre égaux scellée par un serment », une alliance qui s'est faite contre l'oppresseur autrichien. Les cantons de langue, de culture, d'ethnie allemandes, françaises et italiennes se sont joints progressivement et volontairement à cette alliance. Ils auraient pu ne pas le faire et restés incorporés à l'Allemagne et à l'Italie morcelées à cette époque et à la France déjà unifiée.

 

Les Suisses romands et italiens sont-ils pour autant des Français et Italien ? Non, bien sûr, car même s'ils partagent avec eux leur origine ethnique, culturelle, linguistique et leur enfance historique ( ils ont été des Gaulois et des Germains ), ils s'en sont séparés volontairement pour se regrouper et s'unir dans une nouvelle nation dans laquelle ils ont établi une démocratie directe inégalée et un respect de l'identité de chacun.

 

 

Ainsi la France, fille de la Gaule, a, au cours de son histoire, incorporé des populations qui étaient germaniques, à l'exemple des Alsaciens, d'une partie des Lorrains et des Flamands, ou davantage marquées par leur latinité comme un certain nombre de Provençaux, d'Occitans, ou par leur germanité comme les Catalans, quand elles n'étaient pas totalement différenciées, à l'image des Basques, alors qu' elle à perdu cette petite minorité que sont les Romands suisses et les Wallons belges.

 

On peut donc dire, sans risquer de se tromper, que les Français sont bien un peuple comme le sont les Allemands, mais qu'ils partagent avec les Italiens, le fait d'avoir absorbé une très faible minorité de peuples non français, pour ne pas dire non gaulois, dans leurs composantes ethniques, culturelles et linguistiques. Une minorité qui les différencie des Espagnols, qui pour une part beaucoup plus importante de leur population, ne sont pas précisément Espagnols, c'est-à-dire Castillans ou Aragonais, puisqu'ils sont Catalans, Basques ou Galiciens.

 

Mais l'histoire a fait que, comme pour la Suisse, ces populations étrangères, ont choisi, ont voulu, dans leur très grande majorité être françaises et l'ont montré magistralement par leur sacrifice et leur fidélité sans faille à leur patrie d'adoption lors des conflits européens et mondiaux à laquelle la France a été confrontée depuis le début du XIXe siècle.

Quel peuple aime autant la France que les Alsaciens !

 

 

Alain Renaud, auteur de La France, un destin, ouvrage qui vient de paraître aux éditions l'Harmattan.    Vous trouverez dans ce livre un développement important de cette question majeure en ces temps d'incertitude, ainsi que bien d'autres thématiques radicalement différentes.

 

 

 

 

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La France est le pays d'une seule ville

Publié le par Alain Renaud

 

LE COURRIER DES MAIRES

 

 

Réforme de l'Etat 31/01/2017

« La France est le pays d’une seule ville »

par Nicolas Barriquand

 

 

 

Alain Renaud a enseigné la géostratégie et la géopolitique au sein de grandes écoles, dont HEC Paris ou l’EM Lyon. Dans son dernier ouvrage "La France, un destin", il dresse, entre autres sujets, un réquisitoire contre le centralisme français, « un facteur clef de faiblesse ». Et déplore une régionalisation manquée.

 

 

 

Courrierdesmaires.fr : Que signifie l’existence dans notre langue du mot « province » ?

Alain Renaud : Que la France est le pays d’une seule ville. C’est son grand problème. « Province » – un mot que je n’aime pas beaucoup – mixe dans un magma imprécis tout ce qui n’est pas Paris, qu’il s’agisse d’une très grande ville comme Lyon ou d’un tout petit village du fin fond des Cévennes.

 

Aujourd’hui, le mot « régions » tend à le remplacer…

Cela ne change rien ! C’est néanmoins plus sympathique, on évite de réduire tout ce qui n’est pas la capitale à une seule entité. Mais la question reste de savoir si l’Île-de-France est une région parmi les autres…

 

En quoi « l’hypercentralisation » affaiblit-elle la France ?

Avant de vous répondre, je dirais qu’elle a d’abord été un facteur de force pendant des siècles. Après la période gauloise, notre pays présente une particularité : l’Etat français, créé par les rois, précède la nation française. Quand il conquiert d’autres territoires, il s’oppose à des nations qui sont éclatées, comme l’Allemagne ou l’Italie. C’est ainsi qu’à la fin de l’empire de Charlemagne, la France a grignoté ce qu’on appelait la Lotharingie que l’Allemagne n’a pas pu défendre faute d’état fort.

 

Alors à partir de quand la centralisation devient-elle un handicap ?

Quand nos voisins ont également bâti des états forts. Aujourd’hui, ils ont tous adopté une structure sinon fédérale, du moins régionalisée : Allemagne, Espagne, Italie, Belgique et la Suisse avec son propre système. En Europe je n’ai trouvé que deux exemples de pays semblables à la France : le Danemark et la Grèce. Le plus frappant, c’est que notre organisation s’apparente à celle des pays les moins développés de la planète. Et je ne parle pas des pays émergents qui sont pour la plupart dans des systèmes fédéraux. Regardez le Brésil, l’Inde, la Chine… Ils comptent tous plusieurs grandes métropoles qui se concurrencent entre elles dans l’intérêt du dynamisme de leur pays.

 

L’hypercentralisation ne serait donc pas adaptée à la mondialisation ?

Elle n’est plus de ce monde. La France perd contre un certain nombre de pays car les politiques pensent qu’avoir tout centré sur un seul lieu est une facilité. C’est vrai quand il suffit de traverser la ville pour régler une affaire. Mais ce système ne permet de développer qu’un seul territoire. La centralisation est non seulement politique, mais aussi économique et culturelle.

 

Vous oubliez l’essor de métropoles comme Bordeaux, Nantes ou Lyon !

Effectivement ces villes se développent, parfois très rapidement, alors que Paris paraît ankylosé, figée dans son histoire. Toutefois les choses n’ont pas tellement changées depuis Jean-François Gravier [auteur en 1947 de Paris et le désert français]. Le désert n’existe plus mais l’essentiel du pouvoir reste à Paris. Dans la tête de beaucoup d’hommes politiques, la crainte de l’éclatement est toujours vivante.

 

En dehors de la Corse, les mouvements régionalistes sont pourtant moribonds…

Oui, mais c’est lié à l’Histoire. L’Etat français s’est créé parce Paris a gagné contre les autres féodalités. Aujourd’hui encore, nombre de dirigeants redoutent un retour de l’irrédentisme s’ils accordent trop de pouvoir aux régions. Cela m’amuse par exemple d’entendre les médias nationaux parler de « barons locaux ». Cette vision sous-entend que sans l’Etat français, tout ne serait qu’interminables querelles gauloises.

 

En citant l’Insee, vous soulignez que Paris perd chaque année 100 000 habitants. Cette dynamique démographique ne vous rend-elle pas optimiste ?

Sur le long terme, les migrations interrégionales vont rééquilibrer le territoire en faveur du Sud et de l’Ouest. Mais attention, il n’y a pas que Paris au nord. Le Nord Pas-de-Calais, la Lorraine, l’Alsace souffrent du phénomène de l’héliotropisme. Quoi qu’il en soit, l’époque où tous les Provinciaux qui avaient du talent montaient à la capitale semble révolue. Aujourd’hui, « on part s’installer en région ». Seuls certains domaines ne s’y prêtent pas, comme les médias. A l’exception d’Euronews à Lyon, qui n’est pas français, et d’Arte à Strasbourg, une exception spécifique, aucun média national n’est installé dans une grande ville qui n’est pas Paris. Problématique…

 

D’autres domaines ?

La politique bien sûr. C’est en partie logique pour la ville capitale. Mais dans un système qui serait plus démocratique, les représentants des régions, présidents d’exécutif ou sénateurs, devraient avoir un poids plus important à Paris sans avoir à y passer tout leur temps. Dans l’économie enfin, à quelques exceptions près comme la famille Mulliez dans le Nord ou Michelin à Clermont-Ferrand, toutes les grandes entreprises françaises se sont installées à Paris. Les nouvelles technologies pourraient changer la donne. Elles permettent une mobilité qui échappe à la centralisation. De plus en plus de personnes vivent dans plusieurs endroits, ce que Jean Viard appelle « la société de l’archipel ». Ce phénomène ne favorise pas la régionalisation – qui nécessite une volonté politique – mais il freine l’hypercentralisation.

 

Quel bilan faites-vous du passage de 22 à 13 régions ?

Celui d’un espoir déçu. Bien qu’on leur reconnaisse désormais un rôle économique, les régions sont à peine plus fortes, car elles n’ont pas de moyens. Auvergne Rhône-Alpes a un budget dix fois moins important que le Bade-Wurtemberg, en Allemagne. Bien sûr, les länder prennent en charge l’éducation, mais tout de même ! La régionalisation à 13 a certes corrigé des imperfections, comme la Normandie coupée en deux, mais elle a aussi créé des absurdités totales… La Bretagne n’a toujours pas Nantes et le Grand Est met les habitants d’Epernay avec ceux de Strasbourg. Cela n’a aucun sens ! Je plaide pour un rattachement de la Champagne à l’Ile-de-France.

 

Quelle régionalisation aurait vos faveurs ?

L’Etat devrait supprimer tous les fonctionnaires déconcentrés – y compris ceux des impôts – pour laisser la place aux régions. Dans certains pays, même la police est régionalisée, sans que cela fasse courir un risque de sécession…

 

 

Références

 

· La France, un destin, éd. l'Harmattan, 230 p.

Thèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La France et l'Europe peuvent-elles faire abstraction de leur passé ?

Publié le par Alain Renaud

 

 

 

 

 

 

La France d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier ni celle de demain. Quoi de plus normal ? Sommes-nous ce que nous avons été et ce que nous serons ?

 

La vie est changement perpétuel et les hommes comme les nations n'échappent pas à cette loi inexorable. Nous sommes ce que nous sommes à un instant t, et à l'instant t + 1, nous sommes déjà différents.

"On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve", dixit Héraclite.

 

 

Mais sommes-nous pour autant totalement autres ?

 

Pourtant le "deviens ce que tu es" de Frédéric Nietzche et "la nature ne fait pas de saut" de Gettfried Leibnitz semblent radicalement opposés à cette affirmation.

 

Et la France ? Est-elle, comme le prétendent nombres d'idéologues contemporains une pure abstraction, modifiable et évolutive à chaque instant, qui ne se rattache à aucun passé ?

Comme l'Union européenne, qui intègre "tout État européen qui respecte les valeurs visées à l’article 1bis du traité de Lisbonne", sans dire qui sont et qui ne sont pas les États européens, et qui peut par conséquent, un beau matin, décider que l'Azerbaïdjan est un pays européen, la France devient un État institutionnel, fonctionnaliste, technocratique, sans projet. Sans but parce que vivant au jour le jour, zappant continuellement.

 

Ses billets de banque sont désormais européens. Quel bonheur d'avoir pu partager notre destin, ne serait-ce que monétaire, avec nos frères européens. Mais quel malheur et quelle stupéfaction de voir que ces billets ne sont pas, en réalité, européens. Ils ne sont rien. Ils ne représentent rien. Ils sont vides. Ils ne sont que des instruments d'échange.

 

Là où les billets de la banque de France affichaient fièrement les "gloires" nationales, politiques comme Richelieu, scientifiques comme Pasteur, littéraires comme Victor-Hugo, les billets d'euros ne montrent que des ponts et des fenêtres d'époques imprécises. Tout un symbole. Le symbole du refus de sa continuité. Une rupture totale avec le passé. La volonté de scier un chêne pour essayer d'en reproduire un autre. Pas plus Périclès que Vinci, Cervantes que Copernic, Garibaldi que Mozart.

 

 

La France, peu à peu, sous l'influence de l'Union européenne, coupe le lien avec sa mémoire, en ignorant l'avertissement de Winston Churchill : " Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ".  

 

La crainte du nationalisme liée aux deux dernières Guerres mondiales, et en particulier à la seconde, est à l'origine de l'effacement de l'existence des peuples et des nations dans la "construction européenne".

 

En faisant des nations les responsables des guerres, les fondateurs de la Communauté économique européenne, l'ancêtre de l'Union européenne ont voulu construire un édifice radicalement neuf faisant abstraction du passé. Jean Monnet, le principal inventeur de l'Union européenne, n'a t-il pas écrit dans ses Mémoires : « Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. Et la Communauté elle-même n’est qu’une étape vers les formes d’organisation du monde de demain ».

 

En conséquence, les problématiques qui seront résolues à l’échelle de l’Europe ne pourront l’être que temporairement, le temps de les décliner au niveau universel.

 

Et, par conséquent, que dire d'un pays comme la France ! Devrait-elle encore exister ? A-t-elle encore un sens ?

 

Ce qui transparaît de cette vision généreuse et idéaliste, c’est l’utopie des pacifistes et des mondialistes, qui, hélas, de par leur déconnexion du réel, favorisent trop souvent les conflits et les guerres qu’ils souhaitent précisément éviter, à l’image de Neville Chamberlain face à Adolf Hitler.

 

 

L'Europe, et encore moins la France, ne sauraient être une étape de l'unité du monde. L'unité des hommes ne peut se faire qu'en respectant leur identité et leur diversité.

 

Que l’Europe soit précisément, selon la belle et authentique devise de l’Union européenne

« unie dans la diversité » implique que la diversité continue d’exister. Et cette diversité ce sont les pays et les régions qui la composent, et donc les peuples qui y sont présents.

 

L'Europe n’est pas une invention du XXsiècle ! Elle existe depuis la nuit des temps, depuis son aube grecque. Elle ne peut se développer que si elle s'appuie sur ce qu'elle est et sur ce qu'elle a été jusqu'à ce jour.

 

Cette influence de l'Union européenne, et par capillarité des États-Unis, qui en ont été le principal instigateur et soutien après la Seconde Guerre mondiale dans le but de contre carré la progression du communisme, n'est pas sans conséquence sur l'évolution de la France, comme des autres pays européens.

 

La France, membre fondateur, a vu progressivement l'Union européenne à laquelle elle appartient, non pas s'harmoniser et se confondre avec son histoire et son identité, mais, au contraire, s'en éloigner chaque jour davantage, en rejetant son histoire, sa culture, en imposant peu à peu le modèle américain tant au niveau culturel que politique.

 

Un modèle qui passe par "le way of life", l'américanisation de la société, la progression inexorable de la langue anglaise, l'introduction de la notion d'immigration massive conforme à l'histoire spécifique des États-Unis, pays sans passé lointain, mais opposée à celle des pays d'Europe, sans oublier une incroyable tutelle militaire depuis 1945, jamais remise en cause, mais qui pourrait bien l'être prochainement par le biais du nouveau président américain.

 

 

La France, comme tous les pays d'Europe, ne saurait longtemps remplacer sa propre histoire par celle d'un autre pays. Les pays d'Europe de l'Est, comme la Russie elle-même, ont fini par se débarrasser d'une culture et une idéologie communiste et stalinienne qui n'était pas la leur.

 

La France a eu la chance de faire partie, après guerre, des pays dominés par une nation, qui, à son origine, bâtie à partir de rien, une fois les aborigènes indiens éliminés, a été fondée par des hommes épris de justice et de démocratie, les États-Unis.

Entre les États-Unis et l'URSS, la chance de la France a été sans l'ombre d'un doute les Etats-Unis.

 

On aurait pu penser, néanmoins, que des Européens, ayant compris sur le tard et à l'épreuve de leur malheur que les conflits entre eux devaient laisser place aux grandes périodes d'union et de luttes qu'ils avaient aussi connues au cours des âges, allaient se regrouper dans une vaste confédération laissant à chacun la liberté de régler ses propres affaires dont le premier objectif était d'assurer leur indépendance et donc leur défense par leurs propres moyens.

 

Plus de 70 ans plus tard, les pays européens dépendent toujours des États-Unis. Ils laissent les Américains payer les frais de leur défense en oubliant que se défendre soi-même est la première condition de la liberté.

Donald Trump, le nouveau président américain a raison de vouloir cesser cette dépendance. Alors que la Russie n'est plus depuis longtemps l'URSS, il est temps que la France retrouve sa liberté en bâtissant avec ses proches voisins une véritable armée européenne regroupant, sans les diluer, les armées nationales existantes.

Une armée européenne unie dans sa diversité. Une armée qui ne fera pas abstraction du passé des pays d'Europe.

 

La France et ses proches voisins européens pourront ainsi contribuer à la lutte contre le totalitarisme qui a pris la succession du nazisme et du stalinisme en se rapprochant étroitement de la Russie, ce grand pays européen injustement calomnié depuis la fin de l'URSS et en liaison avec les États-Unis, fille de l'Europe, pour autant qu'elle comprenne et accepte que la liberté d'action n'est pas réservée seulement à l'Amérique.

 

 

Alain Renaud, auteur de La France, un destin, ouvrage qui vient de paraître aux éditions l'Harmattan. Vous trouverez dans ce livre un développement important de cette question majeure en ces temps d'incertitude, ainsi que bien d'autres thématiques radicalement différentes.

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La France peut-elle succomber au fanatisme ?

Publié le par Alain RENAUD

 

 

 

La France a connu bien des régimes, mais jamais le nazisme, le fascisme ou le stalinisme. Dans son histoire contemporaine, après avoir échappé à deux idéologies totalitaires, le nazisme, puis le communisme, elle affronte désormais le totalitarisme religieux par le biais de l’islam radical.

L’Allemagne n’a pu éviter le nazisme, la Russie et les pays d’Europe de l’Est, le stalinisme. La France et l’Europe seront-elles vaincre l’islamisme radical ?

Le fanatisme propagé le plus souvent par des régimes totalitaires n’a, toutefois, pas épargné la France au cours de son histoire.

En remontant le fil du temps, l’intolérance, qui en est la forme la plus visible, s’est manifestée dès la conquête de la Gaule par les Romains, puisque, selon Plutarque, Jules César aurait “combattu trois millions d’ennemis, dont il en a tué un million, et fait autant de prisonniers”. Mais surtout, et, en dépit de l’avance de la civilisation romaine sur celle des Celtes gaulois, les Romains ont éradiqué totalement la culture gauloise, qu’il s’agisse de sa langue, de sa religion et de ses mœurs. Les Gaulois ont été priés de devenir des Romains, comme bien plus tard des Africains ont été francisés, germanisés ou anglicisés, sans parler des Indiens d’Amérique.

Les Germains qui finirent par détruire l’Empire romain et envahirent la Gaule ne furent guère plus bienveillants, mais ils ne parvinrent pas à imposer leur langue et leur culture. Ils prirent le pouvoir, instituèrent leur régime politique, ne se mélangèrent guère plus aux Gaulois que les Romains, selon Fustel de Coulanges, mais firent subir progressivement leur diktat, à partir de la petite Francie occidentale ( Île de France), à tous les autres peuples de France, pour la grande majorité Gaulois, et donc Celtes, à l’exception des Basques, des Alsaciens ou des Flamands. Cette domination se transforma bientôt en intolérance avec l’émergence d’une royauté divine et absolue.

Certes, la France échappa en grande partie au fanatisme de l’inquisition mise en place en Espagne après une éradication du christianisme par la conquête des musulmans berbères et arabes, mais néanmoins, l’absolutisme progressif des Capétiens alliés au clergé ne tolérera plus aucune contestation du pouvoir.

Voltaire, qui sera embastillé plusieurs fois sous la Régence, profitera d’un répit pour écrire depuis son refuge de Ferney, aux portes de Genève : « Craignons toujours les excès où conduit le fanatisme. Qu’on laisse ce monstre en liberté, qu’on cesse de couper ses griffes et de briser ses dents, que la raison si souvent persécutée se taise, on verra les mêmes horreurs qu’aux siècles passés, le germe subsiste : si vous ne l’étouffez pas, il couvrira la terre » ( Avis au public…, « Des suites de l’esprit de parti et de fanatisme », 1767. ). Il pensait, certes, au fanatisme religieux, aux monstruosités de la guerre de Trente Ans, mais aussi à l’intolérance d’un pouvoir devenu absolu dont il cherchera l’antithèse en Angleterre.


Ce pouvoir absolu resurgira sous le règne de Napoléon, avec les oppositions muselées de Chateaubriand et de Madame de Staël, mais on ne saurait comparer un pouvoir intolérant à un pouvoir fanatique à partir du moment où l’on veut faire la distinction nuancée entre dictature fanatique et dictature “éclairée”, comme le furent celles de Frédéric Ier qu’admirait Voltaire, de Catherine II ou de Napoléon. Le véritable fanatisme est porté par une idéologie et non seulement une dictature. C’est ce qui différencie Alexandre le Grand, Louis XIV ou Napoléon d’Hitler ou de Staline. 


Est-ce à dire que la France n’a jamais connu de régimes fanatiques ? Les Français ont gardé de leurs ancêtres gaulois le goût de l’indépendance et des querelles, qui, dans un certain sens, ne permettent pas aux gouvernements totalitaires de s’imposer trop longtemps. Toutefois, on peut considérer que la Terreur sous Robespierre et le régime de Vichy, par ses miliciens et sa collaboration progressive avec les nazis dans la chasse aux juifs, ont imposé par deux fois aux Français le fanatisme de gouvernements totalitaires. Deux régimes bien éloignés, mais qui, sous prétexte de destruction d’un ordre ancien nuisible, ont commis des massacres que rien ne pouvait justifier contre des innocents, des femmes, des enfants, qu’il s’agisse des Lyonnais, des Vendéens, des Nantais, pendant la Révolution ou des enfants juifs ou tziganes, d’Izieu ou d’ailleurs, sous le régime barbare de la botte nazie.

Ces situations se sont produites parce que les dirigeants politiques ne les avaient pas anticipées et parce qu’ils ne surent répondre à la force que par la faiblesse et l’aveuglement. Le doux Louis XVI paya l’autoritarisme absolu de Louis XIV. Hitler a pu, des années durant, affirmer sa puissance face à l’impunité dont il était l’objet de la part de la France et de la Grande-Bretagne, qui lui laissèrent remilitariser la Rhénanie en 1936 sans broncher.

Joseph Chamberlain n’avait de cesse de vouloir discuter et trouver un terrain d’entente avec lui, “entre gens d’honneur”, pour préserver la paix à tout prix, alors que Winston Churchill était alors traité de va-t-en-guerre lorsqu’en parlant du Premier ministre, il disait “qu’un conciliateur, c’est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé”.

Le jour où Chamberlain revint confiant de Munich et de l’accord de paix signé avec Hitler, Churchill ne mâcha pas ses mots en l’apostrophant par cette phrase prophétique : “ Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre”.

Les responsables politiques français d’aujourd’hui ont mis beaucoup de temps à comprendre que l’Islam dit radical est un totalitarisme aussi dangereux que le nazisme, et ce d’autant plus que l’ennemi est à la fois hors de nos frontières et à l’intérieur. Dans leur conception d’un monde merveilleux globalisé, marchandisé, caractérisé, selon l’historien Fukuyama, par “la fin de l’histoire”, produite par l’implosion de l’Union soviétique, il n’était plus nécessaire de se défendre contre les fanatismes, y compris religieux.

Ils ont laissé les ennemis de la liberté et de la démocratie se propager aussi bien au Moyen-Orient et en Afrique qu’en France même et en Europe de l’Ouest.


Il est temps que les Français et les Européens se dressent à nouveau, comme Athéna sur sa lance, pour défendre leurs vies, leur liberté, leurs enfants et leur raison d’être, contre le retour des fanatiques.

Alain Renaud, auteur de La France, un destin , ouvrage qui vient de paraître aux éditions l’Harmattan, disponible dans toutes les meilleures librairies de France (L’Harmattan, Fnac, Cultura, espace Leclerc, Chapitre.com, Decitre, Le Furet, les librairies indépendantes, Amazon, etc. )

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